de Mendoza au…consulat français

Tout se passait trop bien…

De Bariloche… 20h de bus plus tard et nous voici à Mendoza. Facile, hein? ! C’était le cadeau d’anniversaire de Teva, pas sûr que ça reste inoubliable…

On a quand même eu le temps de lui faire souffler des bougies sur un gâteau surprise de l’hôtel à Bariloche.

Mendoza est réputée pour ses vins, et son soleil. C’est une grande ville assez tranquille au milieu du désert, mais n’en déplaise à notre ami Manu, on ne lui a pas trouvé de charme exceptionnel, à part ses jolies places arborées de grands palmiers.

Manu nous avait dit d’aller chez son amie Sylvia. Alors, après quelques messages, on a débarqué chez Sylvia, Miquel et leurs 2 filles. En fait, ils tiennent un restaurant.

Et comme ils sont la gentillesse incarnée, ils ont tenu à faire leur possible pour qu’on se sente comme à la maison, malgré l’étroitesse des lieux. Alors, on a mis des matelas par terre, et on a vécu à leur rythme pendant 2 jours. Ils nous ont emmené chez des amis manger une parilla (barbecue), dans la famille voir la «Madre» de 89 ans qui tient encore sa mercerie, et fait à manger dans le restaurant avec quelques voisins qui débarquent les uns après les autres.

On s’est retrouvés à parler en hispano-english de l’inflation argentine ou de la politique européenne (vu notre suivi de d’actualité depuis quelques mois, on était un peu largués). Heureusement que notre ami google traduction était là! C’était très très sympa. Mais pas évident non plus… Ils ont très peu de moyens et encore une fois ont fait preuve d’une grande générosité. Et dans la maison, on était forcément un peu les uns sur les autres. On a essayé d’aider comme on pouvait au restaurant…pendant que les filles jouaient au Uno en espagnol cette fois.

On n’a pas visité les bodégas (vignobles), même s’il paraît que c’est incontournable. Ils sont très fiers de leur vin, alors, on l’a quand même bien goûté 🙂

Puis, on a loué une petite fiat pour aller voir d’un peu plus près le plus haut sommet d’Amérique (à environ 150 km). On a pris la route du Chili, et là, on s’est retrouvés face à la Cordillère des Andes et à l’Aconcagua qui, du haut de ses 6962m dominait la chaîne. Encore un trajet grandiose au milieu des montagnes d’abord grises, vertes puis offrant tout un dégradé de rouges, avant de trouver la neige.

On est montés progressivement de 800 à 2800m. On a fait une pause à Puente del Inca voir d’anciennes sources thermales, aujourd’hui en ruines et fermées mais où la roche est bien colorée par le soufre.

On a dormi dans une ancienne gare ferroviaire reconvertie en hôtel. C’était sympa et original mais on a eu bien froid quand même.

Et le lendemain, bien équipés, on a fait une micro rando de 2h sur un chemin de neige tassée, jusqu’à un belvédère, au pied de l’Aconcagua.

L'Aconcagua (2)

Le temps comme la vue étaient splendides et on n’a même pas eu froid.

Sans vouloir se plaindre, le voyage, c’est pas de tout repos, le fait de bouger sans arrêt, chercher les hébergements, les moyens de transport…alors, il y a des jours, on a juste envie de ne rien faire (on le fait vraiment pas assez souvent). On a trouvé l’endroit idéal aux thermes de Cacheuta.

On y a passé la journée, et c’était juste parfait pour toute la famille (en semaine, il n’y avait personne mais on imagine, vu le nombre de tables de pique nique que ça ne doit pas être la même certains jours).

Concernant la fin du dernier article, ce que certains ont pris pour un «coup de mou», était + pour «secouer» les amis, la famille, les connaissances qu’on aime, et qui nous manque… ce qui n’empêche pas de continuer à s’émerveiller devant les magnifiques paysages (sans finalement être complètement déconnectés de vous ;-)) En tous cas, merci pour tous les messages qui ont suivi…Continuez, on adore  et on vous aime (oui toi aussi l’internaute qui arrive ici par hasard ^^)

Surtout qu’après, il y a eu un vrai coup de mou….

De retour à Mendoza, on a repassé l’am avec Sylvia qui a tenu à nous présenter à toute ou presque sa grande famille, et à nous montrer en voiture les beaux quartiers de la ville. Des quartiers privés entourés de fil barbelé, surveillés par des gardiens… Elle n’arrêtait pas de nous dire qu’il y avait beaucoup de vols et insécurité en Argentine, ce à quoi on répondait qu’on ne l’avait pas ressenti…

Elle nous a ensuite déposés à la gare routière où on devait prendre notre 3e bus de nuit pour Salta; on s’est quittés avec beaucoup d’émotion. Et là, on s’est posés dans un «Subway» pour boire un coup, finaliser une résa… 2 min d’inattention, et on nous a volé un petit sac à dos contenant entre autres juste les passeports, l’ordinateur, et les 2 liseuses. On n’a rien vu faire !

Depuis le temps qu’on voyage, de tendance plutôt parano, on est hyper vigilants, ca ne nous était jamais arrivé (même en Inde, à Mayotte ou en Amérique du sud…) ! Alors, à 1h du départ, on a annulé le bus, été voir la police qui, bien impuissante et inefficace a pris notre déposition (on a appris par la suite qu’elle serait plus ou moins de mèche avec les voleurs). Dans les bureaux de la police touristique, on a rencontré un couple de français qui venait de se faire voler leur sac à dos au restaurant…on s’est sentis moins seuls mais ça ne réconforte pas pour autant.

Yaël en larmes, a cru qu’on allait vivre en Argentine et qu’on ne pourrait plus jamais rentrer en France !

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On a suivi Régis et Justine, le couple de français dans leur hôtel (en fait, c’est le policier qui nous a déposés :-)), où on a été chaleureusement accueillis. Le type de l’accueil a dû avoir pitié de nous et nous a donné une chambre gratuitement.

Pas évident dans ces cas là de ne pas craquer devant les filles qui sont comme des éponges, et pleines de questions sur la suite du voyage et sur «pourquoi il y a des gens qui volent» (yaël). D’ailleurs, j’ai craqué en arrivant à l’hôtel en voyant le yahourt ouvert écrasé au fond de mon petit sac à dos à moi 🙁 …

On a perdu, en plus de l’argent que ça va nous coûter, beaucoup de photos non sauvegardées sur le disque dur depuis 1 mois (on aura celles du blog  bien à jour heureusement mais bon…), le carnet de bord de Teva, nos passeports avec tous nos tampons….et bien sûr, il a fallu qu’on retourne à Buenos Aires, ce qui n’était pas du tout prévu.

Alors, c’est un coup dur, mais on se dit qu’on n’a pas été agressés physiquement, qu’il y a plus grave et qu’on a de la chance de vivre ce voyage … mais ça fait vraiment suer. On a forcément eu aussi une pensée pour nos copains à qui c’est déjà arrivé. Tout ce qui ne tue pas, rend plus fort dit on?

L’avantage d’être avec les filles, c’est que leur innocence et leur joie de vivre nous force à mettre de côté notre tristesse et notre colère envers les voleurs, et envers nous même.. Depuis ca, yaël joue à la policière 🙂

Après 2j d’interrogation, et recherches sur les démarches, on a donc pris un bus de nuit pour Buenos Aires pour faire des passeports d’urgence. Parce qu’on comptait bien ne pas rester sans papier et rentrer en France  🙂

En fait, le seul consulat habilité à nous refaire les passeports est à Buenos Aires, à un peu plus de 1000km et 15h de bus de Mendoza… il paraît que les voyages forment la jeunesse ^^

Avant de partir, Aurore et PF, encore un jeune couple français (des artistes voyageurs : unitrip.fr ) qu’on avait rencontré aux sources d’eau chaude, nous ont trouvés tout dépités à la gare le lendemain du vol et nous ont invités dans leur guesthouse, manger comme à la maison : du vin, du saucisson, du fromage et du bon pain. De quoi réconforter un peu…merci encore pour cette belle am.

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En pratique, on peut avoir des passeports d’urgence dans la journée, valables 1 an, mais pour passer aux États-Unis, il nous faut un passeport biométrique (faisable en 3 semaines). On va donc essayer de les faire au Costa Rica…en croisant les doigts (le délai est hyper limite!)…

Parce qu’autrement, on peut faire un visa pour les États-Unis mais faisable en 34 jours !!!!! ou ne pas passer par NY (ce qui, depuis Trump était une éventualité) mais encore beaucoup de frais de re-routing (billets réservés depuis un an) et comme on a déjà réservé quelques trucs sur place…

Du coup, à Buenos Aires, on a trouvé une librairie française pour acheter des livres pour les filles. Et à l’alliance française, où il y a une belle bibliothèque, un responsable nous a donné de vieux astrapis et pommes d’api (le rêve!!!).

Le consulat nous a fait nos passeports provisoires en 2h, hourra! Yaël en a perdu ses dents ! (Merci a l’équipe du consulat qui nous a très bien accueillis) !

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On a décidé de rester 2j de plus à BA histoire de prendre notre temps, profiter de notre joli petit hôtel (Circus hôtel) où on a même pu prendre des cours de yoga et oh surprise où il y a une petite piscine chauffée !

Il a fallu aussi bien sûr régler les autres soucis matériels (ordi, sauvegarde de photos…).

Mais ca a été aussi l’occasion de voir des lieux qu’on n’avait pas vu la 1ère fois, dont les beaux quartiers autour des ambassades et de la place San Martin.

On a toujours autant apprécié notre petit quartier San Telmo aux allures «vintage» :

Et on a retrouvé pour une journée Justine et Régis, le couple de «saltimbanques rigolos» qui s’étaient fait aussi voler un passeport, histoire de fêter nos passeports d’urgence, collectors. Encore un chouette couple de voyageurs avec qui on a passé une journée de balade tranquille.

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On adore ces rencontres éphémères qui font vraiment partie des richesses du voyage!

Voilà, on vous a fait un peu moins rêver là hein ? mais toujours voyager 🙂 ! …et puis, le moral est remonté, alors on poursuit notre route.