Le caillou et le cyclone Cook


le coeur de Farino (2)

Ca pourrait être le titre d’une histoire, mais c’est juste le nom que les calédoniens donnent à la grande terre et la surprise de notre fin de séjour.

On a quitté Maré le cœur lourd, en se disant qu’on reviendrait surement…la vie y est vraiment douce et les maréens sont vraiment trop attachants.

Comme on n’avait pas du tout vu la grande terre on s’était prévu avant de quitter la Nouvelle Calédonie, une semaine de vadrouille, avec « les vieilles » ou Pa suzy et Pa monique (c’est comme ça qu’on les appelait ici, mais c’est affectueux il parait… 😘) .

vue de Farino

C’est dans un beau monospace qu’on a commencé par faire le tour du sud, où la terre rouge des mines de nikel contrastait magnifiquement avec le vert avoisinant. On n’a pas croisé grand monde sur la route qui s’apparentait plus à de la piste d’ailleurs, jusqu’au camping où on  a passé la 1ere nuit. On a monté une tente  (et oui, on n’a pas ménagé les mamies) au bord de l’eau…mais on était loin des plages paradisiaques des îles loyautés.

route du sud

baie de Prony

Le lendemain, on a marché dans le parc de la Rivière Bleue à la recherche du cagou. Ce n’est finalement qu’une poule blanche mais c’est quand même l’emblème de la Nouvelle Calédonie. Un gros oiseau qui ne vole pas, et qui est donc en voie d’extinction. Mais une fois ses ailes dépliées, il est quand même très très beau. Bref, malgré bien des efforts d’observation, on n’en a pas vu dans ce parc…mais on vous montre à quoi ca ressemble…

On a fait un stop d’une nuit à Nouméa, juste le temps de revoir des copains de Lifou, et de faire quelques petits achats au marché. Yaël, en arrivant nous a dit :

« il parait qu’à Nouméa, il y a même des feux rouges, oranges et verts ! »

On s’y attendait mais on a un peu halluciné sur le peu de kanaks « là bas à Nouméa » (d’après les filles, c’est comme ça que parlent les enfants de Maré).

On avait encore une chance de voir les cagous, au parc des Grandes Fougères à Farino, plus au nord. C’est un joli parc où une grande partie des plantes y sont endémiques et où on a vu du coup de très grandes fougères !

Et UN cagou au bord du chemin, mais qui n’a déployé ses ailes que très furtivement !!!!

LE cagou

Puis, on a traversé l’île, très montagneuse, pour rejoindre la côte nord est, direction la vallée de Hienghène.

C’est là qu’on peut voir de belles roches de Lindéralique (calcaires), dont la fameuse poule couveuse (cherchez la forme dans les rochers) :

poule couveuse (2)

poule couveuse (3)

On avait réservé 2 nuits dans une case de la tribu un peu reculée de Tiendanite (20 km de piste dans la vallée).

chez Charline

En fait, il s’est avéré que c’était la tribu d’origine de Jean Marie Tjibaou (le chef indépendantiste assassiné en 1989) . On a été un peu déçus car ce n’était pas une case traditionnelle mais un grand bungalow. Après, ça restait sommaire, avec 3 grands matelas par terre et une douche cassée dehors. Mais, on est tombé pile le jour d’une grande fête organisée par la famille Tjibaou avec tournois et surtout bingo !

Bon, on n’a rien gagné, mais à la fois, on aurait été un peu embêtés avec une bétonnière ou une machine à laver ! 😙

Du coup, on a aussi fait connaissance du petit chef de la tribu, qui est aussi le frère de JM Tjibaou. Alors que la vente d’alcool était interdite le we dans cette tribu, lui, avait prévu sa réserve ! 😏

C’était encore une chouette expérience en tribu  dans une vallée très verdoyante:

Bon, ça c’était avant qu’on apprenne l’arrivée du cyclone, juste pour notre départ !

On a eu le temps de redescendre sur Bourail :

traversée de grande terre

Pour voir le « bonhomme » (faut quand même avoir un peu d’imagination), la roche percée et les 3 baies, de mettre les mamies dans un bus pour prendre leur avion, (ce sont les derniers vols qui sont partis de calédonie, les chanceuses) et de passer une dernière nuit tranquille au camping en bord de mer.

 

les 3 baies

Le lendemain matin, on s’est fait évacuer du camping par les gendarmes avant la fermeture des routes. On a donc rejoint notre loc Airbnb près de l’aéroport. Et là, on a attendu Cook…

Un peu stressés quand même car c’était la 1ère fois qu’on était confrontés à un cyclone, skotchés à la radio à piles ( car l’électricité a vite été coupée) après avoir un peu sécurisé le jardin. Il y a eu beaucoup de vent et de pluie, les cloisons et les vitres ont un peu vibré, on a joué aux cartes et regardé un dessin animé sur l’ordi pour que les filles pensent à autre chose, et finalement ça a été. Elles ont bien dormi et le lendemain, on a vu les dégâts dans le jardin (un arbre dans la piscine, et beaucoup de branches,  mais finalement pas si pire.

Comme notre vol pour la Nouvelle Zélande avait été annulé (tous les avions ont quitté le sol Calédonien pour aller se mettre à l’abri en Australie), on a nettoyé le jardin(ça faisait un sacré tas !!) en attendant des nouvelles.

Et on a appris que notre vol avait été reporté à 23h55 ! Sympa comme horaire non ? (le vol dure 2h30), avec une petite heure de décallage, ça nous fait arriver à … 3h15 du mat’… Les filles ont été au top, malgré le mini dodo !

Voilà, cette fois, la Nouvelle Calédonie, c’est vraiment fini. Cette semaine nous a conforté dans l’idée qu’on avait vraiment bien fait de se poser sur les petites îles, pour les paysages, l’ambiance et l’accueil des kanaks.

Ce qu’on a préféré:

  • Les 2 jours en tribu
  • La terre rouge des mines de nikel
  • Les parcs

Ce qu’on a moins aimé:

  • Notre 1er cyclone qui nous a quand même bien pourri la fin du séjour, et coûté pas mal de sous (on a dû racheter des billets pour la connexion en Nouvelle zélande entre Auckland et Chrischurch)
  • Notre dernière loc en airbnb avec une «caldoche» pas très accueillante et très reconnaissante de notre aide…
  • Les plages tellement moins belles que sur les iles loyauté…

Ce que ca nous a coûté:

Environ 1200€, soit 150€/j

 

Nengone…suite …et fin :-(

sous paddle

« Paddle/PMT (sans trucage) »

Nengone, c’est le nom de Maré dans la langue locale, et aussi le nom de la langue (comme le drehu pour Lifou). 2 petites iles séparées de quelques km dont la langue locale n’a aucun rapport l’une avec l’autre. D’ailleurs, ici, la langue locale est beaucoup plus présente, beaucoup d’enfants apprennent le français à l’école.

Une petite vidéo d’un copain qui a un drone… pour voir l’île vue du ciel… attention, ça pique les yeux !!

On garde un rythme tranquille où les préoccupations principales tournent autour des plus beaux spots de paddle ou  PMT à voir …

 

…Ou les balades qui mènent à des plages qui paraissent secrètes (car désertes)….

ok, c’est indécent mais on sait que ça ne va pas durer 🙂

balade des 5 plages

On a eu la chance d’être invités à la fête de l’igname dans une tribu du nord. C’est une fête sacrée et très importante pour Maré. On a eu pas mal d’explications, et pourtant on n’a encore pas tout compris. Ils fêtent l’igname nouveau fraichement ramassé, qu’ils s’offrent de petit frère en grand frère jusqu’au grand chef. On n’a d’ailleurs pas pu assister à la dernière coutume pour le grand chef, qui est sacrée (les hommes ont transporté les ignames à pied, sur parfois 25km !).

Mais on a quand même pu voir une partie de la conception du repas de la fête avec les bougnas (géants) : du poisson, de l’igname, des bananes, de la coco rapée, des orchidées sauvages dans les feuilles de bananier, cuits pendant 2h à l’étouffée sur les pierres chaudes, recouvertes de terre…

Et le cochon sauvage, découpé et préparé de la même façon, à l’étouffée… (autant dire qu’après la chauve souris, on est en train de faire des végétariennes de nos filles:-))

Le diner a été précédé de longs discours des familles qui sont accueillies puis du chef de celle qui reçoit. On a fait notre 1ère vraie coutume : il faut que ce soit un homme bien sûr,  qui dise qu’il est honoré d’être reçu et que ça lui fait très plaisir et blablabla….tout en offrant des boissons et des billets!

la coutume

Et on a eu droit à notre igname en signe de bienvenue avant de passer à table avec les familles et les invités. C’était bien évidemment très copieux mais pas forcément très fin car il faut assaisonner le nouvel igname au minimum, pour le sublimer.

La conclusion de Maëlys (et de rachel:-), c’est qu’on préfèrerait quand même qu’ils fêtent le chocolat plutôt que l’igname ! ^^

Laurent et Sophie nous ont emmenés dans un bel endroit, bien zen, le bar à kava:

Originaire du Vanuatu, le kava était associé à des fêtes coutumières et préparé selon des rites bien particuliers. En gros, c’est une racine, le kava, qui est râpée, puis mélangée à de l’eau pour obtenir une pâte qui est ensuite filtrée plusieurs fois dans un entonnoir en fibre de coco. Dans certains endroits au Vanuatu, les racines sont broyées par de jeunes garçons qui les mâchent puis les recrachent. Ici, c’est moins traditionnelle comme préparation (à priori, à partir de poudre de racine), et les effets moindres, mais ça reste un peu anesthésiant et euphorisant. Interdit pendant quelques années, les bars à kava « fleurissent » et, au delà du « lieu de contact avec l’au-delà », c’est surtout un lieu de rencontres!

La boisson se boit cul sec, dans une petite noix de coco (une « sell »), et ce n’est vraiment pas bon! (ça a le goût de terre).

On a reçu la 2è mamie, Suzy accompagnée d’une amie Monique, qui ont eu droit à une petite immersion dans la culture kanak.

On a été invité à une coutume pour le mariage du fils d’une patiente. Encore une tradition un peu complexe où il est demandé au grand tonton l’autorisation de marier l’ainé. Le tout accompagné d’une bonne somme d’argent pour le tonton et une plus petite pour les petits tontons et pour la famille de la mariée. Et oui, la dote est encore d’actualité ici ! Encore une grande fête familiale où on a été très bien reçus. Ils sont fiers de leur culture et aiment nous la faire partager en essayant tant bien que mal de nous l’expliquer.


On a fini le séjour en beauté à Yedjélé …

Yedjele (2)

avec dégustation de langoustes pêchées et préparées juste pour nous par Alain :

Comme Téva a prévenu la moitié de la planète 🙂 (ou du moins de la blogosphère), vous savez que j’ai fêté mes 40 ans sous les tropiques ! Un ENORME MERCI pour tous vos messages, je les ai tous adorés : les simples, les drôles, les tendres, les philosophiques, ceux des « inconnus » et ceux des quadras épanouis, rassurants, qui me souhaitaient la bienvenue dans le club!

Le passage du cap s’est fait en douceur, avec de belles cartes des filles et des copines de Maëlys (très drôle!) :

un petit repas anni/ départ à midi au dispensaire, avec un peu d’émotion en prime (lors du discours du chef)…

et une petite vidéo bien chouette que Téva s’est amusé à faire :

 

Voilà, notre petite pause mélanésienne se termine, avec encore de beaux souvenirs et nouvelles expériences en tête. On a fait le plein de chaleur humaine mais ça nous laisse quand même un sentiment de trop peu….on aurait bien prolongé un peu 🙂

Bien sûr, on s’est beaucoup posé la question de rester plus longtemps, et pourquoi pas s’installer quelques mois. On a bien aimé vivre SIMPLEMENT sans s’encombrer de considération matérielle (au milieu de cartons et coquillages :-)), en réapprenant à cuisiner avec ce qu’on a, loin de l’actualité anxiogène et du rythme de vie parfois effréné.

A l’autre bout du monde, on avoue apprécier ce luxe d’être épargnés par les actualités nationales et internationales (on a quand même fait procuration pour les présidentielles!).

C’est pas si facile comme décision, et la vie insulaire est quand même particulière…très loin de tout, de la famille et des amis…alors, ça ne sera pas pour cette fois, mais ça fait réfléchir en tous cas sur notre façon de voir et vivre « la suite ».

Ce qu’on a préféré:

  • L’extraordinaire gentillesse et accueil de la population…
  • Une culture tribale très riche, compliquée mais vraiment intéressante
  • Le sentiment de sécurité : c’est très mal vu  de voler ici, et les délits sont parfois sévèrement gérés en tribu, du coup, c’est rare
  • Bien sûr, les paysages paradisiaques avec les dégradés de bleu pacifique à se faire mal aux yeux
  • Les copains rencontrés à Lifou, et les bons moments passés avec nos amis Chaboud ici
  • L’expérience en dispensaire et l’école pour les filles
  • Les mangues, les pommes canelles, les fruits de la passion, les avocats… (contre toute attente, on s’est régalés, mais on a aussi bien aimé les petits colis de douceur 🙂 Merci encore!!!!)
  • Le calme, le silence et les nuits étoilées

Ce qu’on a moins aimé:

  • Les dessous de la culture tribale (les coutumes parfois un peu pesantes)
  • L’alcool (un vrai fléau !) et ses conséquences (la violence intra-familiale surtout)

Ce que ça nous a coûté:

Environ 2000e/mois, mais logés ! A savoir, qu’un tiers du budget a été consacré à la location de la voiture à Maré, et la moitié du budget au séjour à Ouvéa quand on était à Lifou.

La saison:

Alors bien sûr, c’est la saison des pluies, mais juste quelques pluies tropicales de temps en temps. Il fait chaud mais on transpire peu, l’humidité est à peine perceptible (ou alors on s’est vraiment tropicalisé).

L’eau est super bonne, mais c’est trop tôt pour voir les baleines….faudra revenir! 🙂